Il succède au cardinal Danneels

Monseigneur Léonard, le nouvel archévêque de Malines-Bruxelles

"Je dois bien reconnaître que l'énormité de la tâche me fait peur mais qu'elle me stimule aussi."

Cette confidence, Mgr André-Mutien Léonard l'a faite alors qu'il était toujours évêque du Diocèse de Namur. Nous étions à quelques heures de l'annonce officielle de son arrivée à la tête de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles. Un moment entre parenthèses dans un de ses bureaux, là où il reçoit. Là où tant de personnes sont venues le rencontrer tout au long de ces dix-neuf années passées dans le Diocèse de Namur (un diocèse qui englobe les provinces de Namur et de Luxembourg).

L'annonce officielle de Rome a eu lieu ce lundi midi: Mgr Léonard succède ainsi à Mgr Danneels comme archevêque de Malines-Bruxelles.

Alors qu'il fêtera ses 70 ans au printemps prochain, c'est un nouveau départ pour cet homme brillant. "Je n'avais jamais envisagé d'être évêque et encore moins archevêque. Je voulais devenir prêtre et, si possible, enseigner à l'université. Ces deux rêves se sont réalisés, explique Monseigneur Léonard. Je m'imaginais faire toute ma carrière à l'université de Louvain-la-Neuve tout en restant, pourquoi pas, Président du séminaire Saint-Paul (ndlr: lui aussi installé à Louvain-la-Neuve). Arriver dans un archidiocèse comme celui de Malines-Bruxelles m'impressionne. En même temps, ça me rajeunit."

Découvrir l'archidiocèse et ceux qui l'habitent fera partie de la tâche du nouvel archevêque. Une manière de travailler qu'il a instaurée à son arrivée à la tête du diocèse de Namur. En 19 ans d'épiscopat, il a visité le moindre petit village, il a passé des mois et des mois avec les prêtres des paroisses séjournant chez les doyens. Il voulait ainsi s'imprégner de la réalité des gens. Le nouvel archevêque compte bien partir en visites pastorales tout en sachant que l'ampleur de sa nouvelle mission ne lui permettra pas de séjourner, comme par le passé, dans les doyennés plusieurs semaines.

"Je cherche à être accessible"

Au fil des années, on se rend compte que l'on change dans sa manière d'être, de penser. Monseigneur Léonard ne fait pas exception. "Au début, j'étais un peu trop doctoral; aujourd'hui ma manière de parler est beaucoup plus affective. Jusqu'à mon arrivée dans le diocèse de Namur je n'avais rencontré que des étudiants, des jeunes plutôt en bonne forme et sans trop de difficultés dans la vie. Au fil des années, j'ai côtoyé des détenus, des personnes en détresse, des enfants, des personnes âgées, des malades, etc. Certains disent que je suis inabordable, je ne le pense pas. Je cherche à être accessible aux gens en allant à leur rencontre. Et je compte bien continuer."

Dans sa façon de communiquer, le nouvel archevêque reconnaît également avoir changé... en mieux. "Avec l'expérience, j'ai appris à être plus prudent dans la manière de m'exprimer, à être plus diplomatique, plus soucieux des formes. Il y a encore quelques années, je me montrais plus impétueux. Je fais maintenant preuve de plus de pondération et de patience. Mon style est désormais moins celui d'un professeur et un peu plus d'un prophète."

La langue ne sera pas un obstacle dans ces rencontres et dans la communication. S'il se défend d'être parfait bilingue, on peut dire qu'il parle couramment le néerlandais et sans accent. Et ce sont des néerlandophones qui le disent. Beau compliment. En véritable polyglotte (Mgr Léonard parle sept langues à des degrés divers), il compte bien s'améliorer en découvrant encore toutes les subtilités et les finesses de la langue de Vondel.

André-Mutien devient André-Joseph

Dans quelques semaines, Mgr Léonard quittera donc l'évêché de Namur et le diocèse. Il y reviendra parfois, mais, comme il le précise, "de manière exceptionnelle quand cela se justifiera". C'est dans un coin de sa mémoire qu'il gardera donc les images de ces paysages de Gaume qu'il affectionne tant.

C'est néanmoins un peu du diocèse de Namur que l'évêque emporte dans ses bagages. Il conserve son blason sur lequel on retrouve le pont de Jambes et un cor, un cor de chasse symbole des forêts de nos Ardennes luxembourgeoises. S'il emporte son blason, il "abandonne" par contre le prénom de Mutien. Un prénom qu'il avait choisi lorsqu'il est devenu évêque de Namur. Il l'avait retenu bien sûr en référence au Frère Mutien de Malonne canonisé voici plus de 20 ans. Endossant les fonctions de primat de Belgique, il se devait d'adjoindre un prénom dans lequel tous les Belges se retrouveraient. Son choix s'est porté sur Joseph, le saint patron de notre pays. Mgr André-Mutien Léonard s'appellera désormais André-Joseph Léonard.

Christine Bolinne

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